1758
L’hospitalité du duc de Penthiève et la Mare du Roi


Le roi Louis XV aime beaucoup venir chasser en forêt de Rambouillet et lorsque la partie de chasse dure, les équipages n’ont pas le temps de regagner Versailles. Alors le Roi sollicite souvent son cousin du duché-pairie de Rambouillet et le duc de Penthièvre qui finit par construire, dans le prolongement du château, de vastes bâtiments pour recevoir les équipages royaux de chasse. Mais le duc mène une vie sobre (Anecdote de Jacques Maillard, Le château royal de Saint-Hubert, 1905) et n’apprécie guère la chasse, ni le comportement luxurieux du roi qui emmène partout avec lui sa maîtresse, Madame de Pompadour. 


Alors en 1755, tombé sous le charme du site des étangs, le Roi obtient du duc de Penthièvre, propriétaire du domaine de Rambouillet d’y installer une résidence royale et ordonne à l’architecte du Petit Trianon, Ange-Jacques Gabriel de lui construire le pavillon de chasse de Pourras. Le projet retenu épargnera la nouvelle ferme du Petit Port-Royal en s’installant sur la rive gauche du grand étang. Les travaux durent de 1755 à 1758, année de son inauguration par le roi. 


Bien vite, le projet du Pavillon de Pourras évolue et devient, malgré de lourdes difficultés financières, un véritable petit château destiné à accueillir la cour pour les chasses ou de grands événements champêtres, le Château de Saint-Hubert et un hameau d’ouvriers s’installent de l’autre côté de la route (Extrait de la Carte des Chasses Royales (1764).


Le 26 juillet 1758, le roi, entrant par la basse-cour qui sera, au fil du temps, aménagée de deux ailes supplémentaires de 110 m chacune, accède à la cour principale bordée de deux ailes de communs de 32 m de long chacune et prend possession d’un bâtiment central de 850 m2 sur 4 niveaux pouvant loger 300 personnes, ouvrant au sud sur une terrasse en demi-lune sur l’étang et décoré par les plus grands artistes du royaume (Gravure de Compigné représentant le château de Saint-Hubert (1773) ; Maquette du château de Saint-Hubert réalisée par la section Maquettes de l’Association Présence (2010).


L’eau des étangs n’est pas saine : toute la journée des porteurs d’eau font l’aller-venue entre le Château et la Fontaine du Roy à Auffargis (distante d’une bonne lieue) jusqu’à la découverte d’une source qu’on dénommera la Mare du Roi (La Mare du Roi).


La proximité des étangs et de la forêt produit une humidité très dommageable : les murs suintent et se couvrent de moisissures. Sous la pression de Marie-Antoinette qui déteste ce séjour, Louis XVI abandonne Saint-Hubert et achète, en 1783, au duc de Penthièvre, le Château de Rambouillet et y fait transporter le mobilier de Saint-Hubert. 


La gloire du château a duré 30 ans qui ont profondément marqué la vie du Perray (les pensionnaires du château sont les notables du Perray, mais le hameau qui survit au château est rattaché à la commune des Essarts-le-Roi, puisqu’il se situe sur son territoire).


Peu à peu démoli et ravagé par une tempête, il est vendu à l’état de ruine en 1796, comme bien national, au cinquantième du coût de sa construction (2 millions d’€ contre 100 millions) et la propriété (environ 65 hectares), peu à peu divisée, sera plusieurs fois revendue.


Il ne reste plus aujourd’hui que la terrasse et un morceau de l’aile gauche des communs (Carte postale ancienne : les ruines du château en 1910).


Pour en savoir plus, retrouvez l’article de Christian Rouet, paru en août 2022 :


https://yveline.org/le-hameau-de-saint-hubert/

Anecdote de Jacques Maillard Chateau de St Hubert 1905.JPG
Maquette du château de Saint-Hubert réalisée par la section Maquettes de l’Association Présence (2010)
Extrait de la Carte des Chasses Royales (1764)
Gravure de Compigné représentant le château de Saint-Hubert (1773)
La Mare du Roi
Vue aérienne de 2010 sur le site du château
Carte postale ancienne  les ruines du château en 1910